mémoire n. fém.

1. PSYCHOL. Fonction complexe d'appréhension de ce qui a été vécu ou acquis dans le passé et son utilisation dans l'organisation actuelle de la conduite.
PHILOS. Faculté du souvenir. (Pour Aristote, l'habitude est une fonction de la mémoire dans la répétition. Chez Bergson, la mémoire signifie la conscience de la durée et s'oppose à la mémoire-habitude.) Cour. Faculté qui permet de se souvenir des événements passés, des connaissances acquises, des sentiments éprouvés. Avoir une bonne mémoire, de la mémoire. Avoir la mémoire courte. De mémoire : sans recourir à un texte. Faire une citation de mémoire.
2. Souvenir qu'on garde d'une personne, d'une chose. Sa mémoire vivra éternellement. Garder la mémoire d'une rencontre. Une cérémonie à la mémoire (ou en mémoire) des victimes de la guerre, destinée à rappeler leur souvenir. De mémoire d'homme, on n'avait jamais subi une telle sécheresse, d'aussi loin qu'on puisse se souvenir. Pour mémoire : à titre de rappel, de renseignement. Par ext. Réputation d'une personne disparue. Un tyran de sinistre mémoire.
3. INFORM. Organe d'une calculatrice électronique dans lequel on peut introduire, pour les conserver, des données chiffrées en vue de leur exploitation ultérieure. Mémoire centrale : partie de l'unité centrale d'un ordinateur à laquelle on accède directement par le processeur et destinée à stocker, durant le temps d'exécution d'un programme, les instructions en langage machine de ce dernier, et les données nécessaires à son exécution ainsi que les programmes principaux du système d'exploitation. Mémoire virtuelle : espace mémoire adressable par l'utilisateur et que le système d'exploitation simule de manière transparente en mettant en jeu des mémoires auxiliaires. Les mémoires virtuelles utilisent le principe de la pagination, qui consiste à n'avoir réellement en mémoire à un instant donné qu'un nombre limité de pages, les transferts avec la mémoire auxiliaire n'étant réalisés que selon les besoins. Mémoire de masse : mémoire auxiliaire destinée au stockage extérieur à l'ordinateur d'un volume important de données. Divers dispositifs ont été développés; la plupart utilisent le magnétisme présenté par divers matériaux. Les plus utilisés aujourd'hui sont les disques magnétiques, les disques optiques et les bandes magnétiques. Mémoire tampon ou intermédiaire : mémoire destinée à stocker temporairement des informations, entre deux éléments n'ayant pas le même débit. Mémoire morte, qui contient des informations que les utilisateurs ne peuvent pas modifier. Mémoire vive : mémoire d'un ordinateur numérique à laquelle le programme peut accéder tant pour la lecture que pour l'inscription des informations. Mémoire tableau noir : mémoire effaçable de programme conférant à l'ordinateur une aptitude à résoudre les problèmes les plus divers.
 

1. proposition textuelle

partitions studios / retranscriptions des quatre studios qui se sont déroulés de février à mai 1997 / studio 1 - studio 2 - studio 3 - studio 4 - studio 5

extrait studio 1 :
Jean-François Peyret : Pour commencer, on pourrait parler du titre. Pourquoi "Un Faust : histoire naturelle" ?

Jean-Didier Vincent : Pourquoi histoire naturelle ? J'ai trouvé ce matin une phrase de Goethe : "Non la nature n'est pas si folle que d'agglomérer de si intelligentes particules pour les disperser ensuite à tous les vents et détruire ainsi le faisceau qui a été lié et maintenu." C'est pratiquement tout ce que je pense de la vie, c'est-à-dire la vie comme mort permanente. C'est donc une grande pièce sur la mort en fin de compte. La vie n'est possible que parce qu'il y a la mort. C'est l'invention de la mort dont une des retombées utiles est la vie. C'est cela le point de vue de Faust. Il recherche la mort par le biais de l'immortalité. Il en arrive à montrer que, finalement, accepter de ne plus mourir, c'est refuser de vivre. C'est donc une grande nostalgie de la mort. Pour moi, au départ, c'est donc un grand hymne à la mort, un jeu de la destruction, de la dispersion et de la reconstruction. La vie et la mort sont un processus ininterrompu, qui sont les conditions de l'une comme de l'autre.

Jean-François Peyret : C'est du Lucrèce.

Jean-Didier Vincent : Oui, c'est du Lucrèce. Mais c'est plus que cela. C'est ce jeu actif de la nature qui disperse, qui tue, la mort apparaît comme un aspect plastique.

Jean-François Peyret : On dirait : "Au commencement était la mort."

Jean-Didier Vincent : Au commencement était la mort. Au commencement de la vie est la mort.

Jean-François Peyret : Oui, mais le directeur de théâtre vous demandera si cela fait venir les gens ?

 

partitions spectacle / partitions du spectacle

extrait :
Polymère :
J'ai vécu des milliards de fois la mort,
Et je n'en retiens qu'une chose :
Elle a empoisonné ma vie.
Pourtant :
A l'instant qui passe je pourrais dire :
Arrête-toi tu es si beau !
De ces morts successives, nulle trace,
Comme si elles n'avaient servi à rien.
J'ai été polymère
J'ai été cellule
J'ai été multitude
J'ai été bactérie...


propositions / 2. visuelle - 3. sonore